Le congé paternité s’allonge. Crie t-on « Alléluia », ou « c’est toujours pas assez » ?

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Ce sujet anime toutes les conversations ces jours-ci et c’est tant mieux ! Avant de vous partager quelques-unes de nos pistes de réflexion, précisons ce qu’est le « congé paternité ».

Origine et définition du congé paternité

Les pères s’investissent de plus en plus dans l’éducation de leurs enfants. Certains à part égal et d’autres même davantage que les femmes, plus rares, mais il y en a. Il faut dire que les mentalités évoluent depuis assez peu de temps. Le droit au congé paternité date seulement de 2002. On remerciera Ségolène qui fut « Royal » sur ce sujet, à l’époque ministre déléguée à la famille.

Dailleurs, connaissez-vous les différents types de congés pour les pères et leurs différences ?

Quelle différence entre le congé de naissance et le congé de paternité ?

Le premier est de 3 jours ouvrables et se prend évidemment au moment de la naissance. Papa ou conjoint a le droit de faire l’école buissonnière pour être à la maternité avec vous. C’est un minimum, on est d’accord. ? Le congé paternité, de 11 jours lui, peut se prendre à la suite. Voire quand on veut dans les 4 mois suivant la naissance de l’enfant.

Qui peut prétendre à un congé paternité ?

Le jeune papa, mais aussi le partenaire de la jeune maman. Qu’ils soient mariés, pacsés ou vivant ensemble de manière maritale. Le ou la conjoint.e de la jeune maman peut prétendre au congé paternité. En vérité, il s’appelle d’ailleurs « congé de paternité et d’accueil de l’enfant ».

Côté rémunération 

Le congé naissance est payé comme des jours de congés annuels classiques. Aucune différence donc côté rémunération. Ce qui n’est pas le cas du congé paternité, qui peut pour certains conjoints être moins favorable. Incitant certains pères à prendre des congés « classiques, » dans l’objectif de ne pas manquer financièrement. Il existe un plafond de 89,03€/ jour en 2020 fixé par la Sécurité Sociale. L’entreprise n’étant absolument pas tenue de procéder au complément de salaire.

Côté négociation

L’employeur ne peut refuser un congé de naissance. Bébé signale sa sortie, c’est le début de votre congé de naissance. Le congé paternité peut être discuté, même si c’est un droit, notamment dans ses modalités logistiques (dates en particulier).

Pour profiter de ce congé paternité, vous avez en effet deux démarches à réaliser en tant que salarié. Tout d’abord, informer votre employeur et la sécurité sociale. En effet, c’est la sécurité sociale qui le sponsorise.

Tous les pères travaillant peuvent prétendre au congé paternité, salarié ou non. Si ce n’est que ceux qui sont dans des professions plus indépendantes comme les agriculteurs doivent trouver un remplaçant et faire un contrat de travail pour leur remplaçant. Donc on comprend pourquoi chez les salariés 7 pères sur 10 en profitent alors que dans les professions indépendantes c’est seulement 3 pères sur 10. (source: https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er1098.pdf)

Mi 2021 (date d’entrée en vigueur prévue) : le congé paternité passera de 11 jours à 28 jours, dont quelques jours obligatoires (le nombre de jours rendus obligatoires n’est pas encore arrêté à date). C’est un vrai changement. On ne le choisit plus, mais on le prend, ce congé. C’est une excellente manière de féliciter tous les nouveaux parents, mais surtout une manière de prendre en compte le grand changement qu’implique l’arrivée de bébé dans le foyer et la pénibilité pour la maman. On peut aussi le voir comme un chouette signe pour rendre compte de l’importance que ce bébé revêt pour notre société.

On est content.e.s !

Parce que cette nouvelle aventure est plus facile et sympathique à 3 :

  • À trois (bébé, maman et papa/conjoint.e) deux fois plus longtemps – 28 jours versus 14 jours, on sera peut-être deux fois moins fatigués à la fin du premier mois.
  • On aura deux fois plus de souvenirs, car on vivra ces premiers jours vraiment ensemble. Papa n’aura pas la boule au ventre le matin en partant. Triste de nous laisser avec bébé. Triste de ne pas pouvoir profiter de ces jours qui semblent uniques. Désolé de ne pas pouvoir aider davantage, car il doit aller travailler. Les souvenirs on les fera à 3 durant ce premier mois : on aura chacun un peu plus de temps calmes et on vivra les choses ensemble. C’est tout de même unique de vivre ces premiers jours en direct et non par procuration. Quand votre femme vous explique que bébé essayait de communiquer par le regard, c’est beaucoup plus significatif et prégnant quand vous le vivez ensemble.
  • On aura deux fois plus confiance à deux. Que ce soit pour la première promenade de bébé ou une autre sortie. Sortir seule avec bébé la première fois peut sembler impressionnant et demande une certaine logistique. À deux, vous répartissez la charge, matérielle et émotionnelle, et tout devient plus léger et facile.
  • On s’aimera deux fois plus, on s’engueulera deux fois moins. Parce qu’on sera moins fatigués, moins frustrés. On fera équipe et on verra ensemble ce qui est marrant, ce qui est plus improvisé, on trouvera des réponses à deux pour bébé… Être deux pour accueillir bébé à plein temps, c’est aussi devenir plus confiants et sereins.

Bref c’est une équipe en béton que vous construisez dès le départ, beaucoup plus facilement.

Donc oui, c’est une excellente nouvelle qu’on applaudit !

Mais on demande déjà plus !

D’une part, l’indemnisation du salaire pendant le congé paternité est plafonné. Pour que tous les hommes puissent le prendre sans se poser de question, il faudrait que les entreprises intègrent dans leur convention collective de sponsoriser la partie manquante entre le maximum offert par la sécurité sociale et le salaire de notre mec. Pourquoi ? Parce que sinon, la question du manque à gagner durant cette période va se poser pour ceux qui ont des salaires un peu plus importants.

On peut se dire que les personnes avec les plus hauts salaires peuvent plus facilement absorber la différence entre le maximum sponsorisé et leur salaire réel. Ça n’est pas forcément aussi simple, tout dépend des indemnités éventuelles de la maman, du niveau de charges du couple et de son reste à vivre… C’est en tout cas déjà ce qui se produit aujourd’hui, tous les hommes ne prennent pas leur congés paternité, notamment pour cette raison financière. 

Il existe aussi une forme de pression sociale en entreprise, qui peut empêcher une personne à hauts revenus et hautes responsabilités (et pas uniquement) de demander son congé paternité. En effet, on va lui faire comprendre que, compte tenu de ses responsabilités, il serait de bon ton de s’en passer. Et celui qui s’en passe constitue alors un précédent pour les suivants, qui y réfléchiront à deux fois et pourront en être très frustrés. Et, dans tous les cas, la maman trinque et se retrouve seule à faire face.  

Alors pour combattre les inégalités, entre les sexes mais aussi entre les milieux, nous pensons que tout le monde doit pouvoir prendre sa décision avec un contexte économique égal.

Grâce au caractère obligatoire, l’idée est que tout le monde puisse bénéficier de son congé paternité et d’accueil de l’enfant, le membre du comité de direction comme tous les employés.

D’autre part, il faudrait que le congés paternité soit obligatoire pour 28 jours. Ceux dans des situations plus précaires, en CDD notamment, n’auraient alors aucune crainte à le demander, puisque le congés paternité leur serait imposé.

Vous lirez que nous avons été inspirés par ce sujet et avons listé quelques souhaits qui rendraient encore meilleures nos vies de jeunes parents, en même temps que celle de bébé.

La liste des idées qu’on pourrait demander aussi :

  • Une aide dès les premiers jours, avoir quelques heures par jour une aide soignante, comme à la maternité, pour nous aider à rentrer plus doucement dans le monde des joyeux parents. Elle nous montrerait à nouveau les gestes clés pour lui donner le bain, le bercer… mais aussi nous seconderait pour quelques heures, pour donner le biberon par exemple, et nous permettre ainsi de nous reposer vraiment.
  • Un coach, pour nous rappeler qu’on est brillants et qu’on est de manière innée des super parents. Car notre esprit, avec 3 heures de sommeil quotidien et toutes ces situations nouvelles, est rudement malmené. Ce coach nous rappellerait que oui c’est normal d’avoir peur de mourir depuis qu’on est parent, que c’est normal de se poser mille questions… mais qu’on est parfaitement normal.e et qu’on se débrouille à merveille.
  • Avoir une aide ménagère, et pour gérer les courses… Dans cette période chamboulée, on aimerait une fée qui viendrait nous aider à ranger et accélérer toute la logistique de la maison.
  • Comme dans les pays nordiques, un congés qu’on pourrait se répartir comme on le souhaite entre les pères et les mères, en fonction des souhaits et préférences de chacun.
  • Pouvoir faire garder plus tôt nos enfants et de manière plus progressive.

Bref, on est plein d’idées. On pense que vous aussi, n’hésitez pas à nous les partager. On est toujours là pour vous écouter et essayer de vous accompagner.

C’est une excellente première étape, rendez-vous très bientôt pour la suite !

Et pour en savoir plus sur nos couches, rendez-vous ici !