La place dans la fratrie et ses conséquences

Cet article va probablement vous replonger dans vos propres souvenirs d’enfance. Ce grand frère tyrannique qui vous interdisait de jouer avec ses jeux vidéo, ou cette petite soeur qui se mêlait invariablement de toutes vos affaires. Mais surtout ces quelques lignes vont vous aider à comprendre les avantages et inconvénients inhérents à chacune des places dans une fratrie, pour que chacun puisse prendre la sienne avec bonheur.

1- La place de lainé dans une fratrie est-elle la meilleure ?

N’étant plus au Moyen-Âge mais dans une société moderne, dans laquelle les enfants vont à l’école et ne travaillent plus pour aider leurs parents, on peut considérer la place de l’aîné comme égale aux autres en termes d’avantages et d’inconvénients. Fini le temps où l’aîné récoltait d’office l’intégralité du patrimoine et les obligations associées.

Les avantages d’être laîné de la famille : 

  • La disponibilité des parents pour leur premier enfant

Le premier de la famille a la chance d’avoir des parents pleinement disponibles pour s’occuper de lui. Ce nouveau et premier né chamboule tout leur univers. Ses parents sont débutants, certes, mais ils sont concentrés sur le bien-être de leur seul et unique enfant.

  • L’émerveillement

L’aîné créé la surprise et attire toutes les attentions, c’est lui qui symbolise que le couple est devenu une famille. D’ailleurs, sa place de premier enfant, il pourrait l’incarner toute sa vie.

Beaucoup d’aînés gardent cette position, à l’école comme au travail, et on les retrouve souvent parmi les premiers de la classe ou les top employés.

Les inconvénients d’être laîné :

  • Il n’a pas de modèle de son âge, pourtant on lui demande d’être modèle

Bien sûr vous, les parents, donnez votre maximum. Mais vous êtes trop vieux pour être son modèle. Il n’a pas de référent de son âge qui pourrait l’inspirer.

Certes, l’aîné se fera plein d’amis à la crèche, au parc et plus tard à l’école. Mais il n’a pas de réel mentor qui lui ressemble au sein de la cellule familiale. D’ailleurs, instinctivement, la majorité de ses amis sont aussi aînés de leur famille. L’aîné manque lui-même d’un aîné et ne lui trouve pas de substitut.

En plus, comme il est le premier et le plus âgé de sa fratrie, on s’attendra à ce qu’il soit un modèle pour les suivants, et donc qu’il soit exemplaire. Pour qu’il cultive son côté Rebel, il va lui falloir votre soutien !

  • Très (trop) responsable

En soi c’est une qualité, l’aîné va naturellement défendre l’ordre et la justice, être autonome… En particulier lorsque le 2e enfant de la famille arrive, il prend son rôle de rappeler les règles et de les faire appliquer. Tous les parents, même ponctuellement, sollicitent l’aîné et lui attribuent ce rôle sans même en prendre conscience. Par exemple : aider ses parents en jouant calmement avec son petit frère ou sa petite soeur. On pourrait se dire que c’est une activité sympa, sauf qu’il n’en a pas choisi le moment et que c’est lui qui va se faire gronder en cas de chahut.

Les situations à surveiller :

  • Quand le deuxième arrive, essayer de maintenir une vraie place pour l’aîné et lui dédier certains moments rien qu’à lui. Imaginez-vous: vous passez du statut d’enfant unique et chéri tout le temps par ses parents, à celui d’enfant posé dans un coin, qui devient spectateur de la tornade générée par ce nouveau-né. Pour que sa confiance ne soit pas ébranlée, prenez garde à ce chamboulement.

Dites-lui aussi que vous comprenez que ce changement n’est pas toujours évident et incitez le à partager ses ressentis avec vous.

  • C’est un enfant avant tout, essayez d’oublier qu’il est l’aîné. Les bêtises rigolotes permettent de grandir aussi, sûrement mieux qu’en étant assommé de responsabilités à un trop jeune âge. Après tout, faire des bêtises rigolotes sans se faire prendre, ça demande d’être sacrément malin 🙂

2- Le dernier : cadet ou cinquième de la famille

Avant qu’il soit là, on se dit que ça va être facile à gérer. Ses parents se disent qu’ils ont bien réussi à s’occuper d’un premier bébé ou plus, que ça va se passer comme sur des roulettes. Pourtant, entre idées préconçues et réalité, quelques enseignements sont intéressants pour que le dernier prenne correctement sa place.

Les avantages d’être le dernier de la famille :

  • Le droit (devoir) d’être polisson

Faire des bêtises vous sera pardonné plus facilement. Dans l’imaginaire du plus grand nombre, le dernier est un amusement à lui tout seul. On s’attend à ce qu’il fasse le pitre, alors on lui passe presque tout. Et même, on l’encourage.

 

  • Un dialogue plus efficace avec ses parents

L’aîné a argumenté parfois des années pour avoir de l’argent de poche, pouvoir sortir ou encore avoir un téléphone portable. Le dernier n’a même pas besoin de lever la main. Ses parents pourraient même lui fournir tout cela directement.

Les inconvénients en étant le dernier de la fratrie :

  • Sa garde-robe très souvent vintage

On recycle les jouets, les vêtements… Apprenez-lui à détourner, remixer, pour mieux qu’il s’approprie vraiment les affaires de ses aînés et développe au passage sa créativité.

  • Très couvé

Ses parents veulent en pofiter, c’est le dernier.

Cela dépendra aussi de l’âge et de l’écart avec l’aîné, mais certains parents peuvent couver un peu trop le dernier et le gâter, essayant inconsciemment de le garder le plus longtemps possible avec eux. Cela peut sembler un avantage, mais prudence.

La situation à surveiller : Le petit dernier obtient plus de facilités et plus de compassion de la part des parents, mais c’est aussi ce qui pourrait, plus tard, le freiner. Ce comportement pourrait le rendre anxieux quand il deviendra adulte.

3- La place du milieu

Serait-ce la meilleure place dans une fratrie ?

Comme disent nos grands-mères, le meilleur d’un sandwich c’est le milieu (ah ? les vôtres ne disaient pas ça ?).

Les avantages d’être au milieu dans une fratrie :

  • Un être particulièrement sociable :

Il sait jouer avec l’aîné comme avec le dernier, selon l’humeur du moment. On s’attend à ce qu’il ait un peu de l’aîné (responsable) et un soupçon du dernier (débrouillard). Il compose alors en choisissant quand il peut le meilleur des deux places pour se faire la sienne.

  • Une amorce plus facile pour les requêtes à ses parents.

Comme pour le dernier enfant, il aura plus de facilité pour accéder aux privilèges en fonction de son âge que l’aîné n’en a eu.

Les inconvénients d’être lenfant du milieu dans une fratrie : 

  • Un positionnement pas aussi net que les autres.

Il peut avoir du mal à trouver sa place, ni premier, ni dernier. Ni grand, ni petit, un peu entre les deux. Rétablissez un meilleur équilibre en responsabilisant tout le monde et en lui accordant aussi le droit aux bêtises, tant qu’elles sont drôles et pas dangereuses.

  • Vintage

Comme le dernier, il a un petit côté vintage au niveau des fringues. Mais comme vous avez opté pour des intemporels indémodables, ça passe haut la main. Le petit trou sur le genou du jean devient finalement stylé.

Les situations à surveiller : 

Par exemple : Demandez à tout le monde de participer aux tâches, pas seulement à l’ainé et au second, mais aussi au dernier.

Autrement l’enfant du milieu aura un sentiment d’injustice, il met la table comme les grands au lieu d’avoir le droit de jouer comme le petit pendant ce temps de tâches ménagères.

De même, l’enfant du milieu pourrait trouver injuste de se coucher à l’heure des poules avec le petit, quand l’ainé peut reculer son heure de coucher.

En somme, il faudrait adapter pour chacun.

Quelle que soit sa place dans la fratrie, une chose est sûre, chaque enfant vivra une enfance épanouie, pourvu que vous rigoliez souvent en famille. C’est probablement l’ingrédient le plus important pour se sentir bien.