Grossesse prolongée (10e mois) : comment gérer l’accouchement ?

19 semaines de grossesse

Ça y est, vous êtes arrivée à 41 semaines de grossesse, et bébé n’a toujours pas pointé le bout de son nez. Chaque année, de nombreuses grossesses dépassent la date du terme annoncée. Ces grossesses prolongées sont-elles dangereuses pour le bébé ? Déclencher l’accouchement est-il inévitable dans ces cas-là ? Lisez attentivement notre dossier pour tout savoir sur ces grossesses plus longues que la normale.

Quelle est la durée maximale d’une grossesse ?

10 mois de grossesse, c’est possible ? Une grossesse est prolongée lorsqu’elle dure 42 semaines ou plus. Pour calculer la date présumée d’accouchement, la sage-femme ou le gynécologue comptent les semaines écoulées depuis le premier jour des dernières menstruations. Bien qu’elle soit utilisée partout dans le monde depuis plus de 200 ans, cette méthode de calcul est parfois critiquée par les professionnels de santé, car elle n’est pas fiable à 100 % :

  • Cycles irréguliers : cette méthode se base sur des cycles menstruels de 28 jours. Elle ne pourrait donc en théorie pas s’appliquer pour des femmes ayant des cycles courts ou longs, voire irréguliers.
  • Implantation de l’embryon : certains embryons peuvent mettre plus de temps à s’implanter dans la paroi de l’utérus. Cela allonge le délai de la grossesse.
  • Date des dernières règles méconnue : certaines femmes ne se souviennent pas exactement de la date de leurs dernières menstruations. Or, c’est sur cette date précise que s’effectue le calcul de la date du début de la grossesse.

Pour corriger ces imprécisions, une échographie dite de datation peut être réalisée par un gynécologue dès la huitième semaine de grossesse. Si elle n’est pas réalisée, la grossesse sera datée lors de l’échographie du premier trimestre vers la douzième semaine pour la déclaration de grossesse.

Bon à savoir : la date de début de grossesse peut être corrigée par le médecin au cours d’une échographie. Dans ce cas, la date présumée d’accouchement est aussi modifiée.

Accouchement après terme : des risques pour la santé de bébé ?

En cas de terme dépassé, la grossesse doit être placée sous une surveillance plus rigoureuse avec un rythme de contrôles de deux à trois fois par semaine grâce à des échographies et monitorings. Ces examens visent à vérifier la quantité de liquide amniotique, la taille et le poids du bébé ainsi que la qualité du placenta. Ils permettent également de détecter une éventuelle souffrance fœtale.

Les grossesses prolongées peuvent être signe de complications, car elles présentent un risque augmenté de mortalité et de morbidité fœtale. Une grossesse dépassant les 41 semaines peut induire un risque d’oligoamnios (manque de liquide amniotique), une anomalie du rythme cardiaque fœtal ainsi qu’une émission de méconium in utero.

Doit-on obligatoirement déclencher l’accouchement ?

L’accouchement n’est pas nécessairement déclenché en cas de dépassement du terme. Le jour du terme, si aucun signe d’un accouchement imminent n’est décelé, il vous faudra prendre contact avec votre maternité. Après un examen de contrôle, la sage-femme et le gynécologue pourront décider de déclencher l’accouchement ou de laisser bébé au chaud quelques jours de plus. Si ce délai supplémentaire ne donne toujours pas envie au bébé de sortir, alors l’accouchement devra être déclenché. Pour accélérer le travail, les obstétriciens ont parfois recours à un décollement des membranes, même si cette pratique ne fait pas l’unanimité. La plupart du temps, la future maman se voit poser une perfusion visant à provoquer des contractions.

Comment aider bébé à sortir sans passer par la case déclenchement ?

La date prévue d’accouchement n’étant pas totalement fiable, bébé n’est peut-être tout simplement pas décidé à sortir. Pour éviter les complications, votre gynécologue peut vous imposer de déclencher l’accouchement. Vous pouvez tenter de mettre en place quelques astuces pour y échapper :

  • Marcher : faire une longue balade pourrait accélérer l’accouchement. En étant debout, bébé appuie directement sur le col, ce qui favorise sa dilatation.
  • Prendre un bain chaud : en plus de vous relaxer avant la naissance de bébé, l’eau chaude du bain peut aider à ramollir le col.
  • Boire une tisane : au cours du dernier mois de grossesse seulement, votre sage-femme peut vous prescrire des tisanes de framboisier afin de tonifier l’utérus et rendre les contractions plus efficaces.
  • Miser sur l’homéopathie : sur prescription de votre sage-femme ou gynécologue, le Caulophyllum est une plante particulièrement efficace pour réguler les contractions.
  • Faire une séance d’ostéopathie : cette pratique peut vous aider à préparer votre bassin. Cela encouragera bébé à s’engager dans le col et donc à accélérer le travail.

Dépasser son terme n’est pas une fatalité. Si une surveillance accrue doit être mise en place en cas de grossesse prolongée, elle n’est pas toujours synonyme de déclenchement de l’accouchement. Seuls une sage-femme ou un gynécologue pourront statuer du meilleur moment pour aider bébé à sortir, à moins que ce dernier ne décide de vous surprendre !